Accoucher sereinement : préparation et post-partum 


La première grossesse peut-être un évènement angoissant, très excitant et/ou carrément déstabilisant, il est fondamental de bien préparer l’arrivée en maternité et de savoir à quoi s’attendre. Quelles sont les choses essentielles à ramener ? Comment peut se dérouler l’accouchement ? Quel projet de naissance adopter ? Je sais qu’en tant que future maman vous avez plein de questionnements et ça tombe bien, je suis là pour y répondre. 

Le projet de naissance 

Le projet de naissance est un document écrit qui permet à la future mère (et au couple) d’exprimer ses souhaits, ses attentes et ses valeurs auprès de l’équipe soignante pour le jour J. Loin d’être un catalogue d’exigences figées, c’est un formidable outil de dialogue entre les parents et la maternité. 

Dans ce document, la maman peut détailler précisément ce qu’elle désire pour son accouchement : le choix d’avoir recours ou non à la péridurale, les positions de travail dans lesquelles elle aimerait s’installer, ou encore des détails sur l’ambiance de la salle (tamiser les lumières, diffuser de la musique). Elle peut également y stipuler les actes médicaux qu’elle souhaite éviter si tout va bien (comme l’épisiotomie ou la rupture artificielle de la poche des eaux) ainsi que l’administration de certains médicaments. Enfin, c’est l’endroit idéal pour inscrire ses désirs en cas de complications : par exemple, préciser les souhaits d’accompagnement ou de peau à peau immédiat si une césarienne devait être pratiquée en urgence. Le projet de naissance n’est pas un contrat juridiquement contraignant que l’équipe médicale doit signer. Les soignants ont l’obligation d’en prendre connaissance et de le respecter au maximum, mais l’urgence médicale prime toujours. 

Pour qu’il soit pleinement efficace, rédigez-le sous forme de vœux positifs et concis (une page maximum). N’attendez pas le jour des contractions pour le sortir de votre sac ! Présentez-le dès le 7ème mois à la sage-femme qui suit votre grossesse afin de vous assurer que vos souhaits sont en parfaite adéquation avec les protocoles et les équipements de votre maternité. Votre projet sera alors glissé dans votre dossier. 

Le Kit complet pour la maternité 

Un Kit maternité est une bonne chose pour préparer le séjour à l’hôpital voilà ce que vous devez en priorité amener. 

Pour maman :  

  • Des protections hygiéniques très absorbantes car le sang continue à couler même après l’accouchement. 
  • Des culottes confortables. 
  • Des pyjamas ou tout vêtement dans lesquels vous êtes le plus à l’aise. 
  • Un peignoir car il y a sans cesse des vas et vient dans la chambre alors il est bon de ne pas être prise au dépourvu. 
  • Un nécessaire de toilette. 
  • Des chaussons. 
  • Des crèmes réparatrices pour le ventre et/ou anticrevasses si allaitement. 
  • Un brumisateur d’eau. 
  • Des snacks et des boissons. 
  • Une veilleuse portative. 
  • Un chargeur de téléphone à rallonge (2 mètres). 
  • 2 ou 3 soutiens-gorge ou brassières d’allaitement (sans armatures). 
  • Des coussinets d’allaitement (jetables ou lavables) pour éviter les fuites de lait sur le pyjama. 

Pour bébé : 

  • Des bodys en veux-tu en voilà car bébé sera essentiellement avec. 
  • Des pyjamas (grenouillères). Comptez 1 pyjama par jour. 
  • Des bavoirs en plus des langes (tétras), les petits bavoirs classiques sont plus faciles à manipuler lors des boires. 
  • Un thermomètre de bain et un thermomètre médical (rectal). 
  • Les biberons seront fournis. 
  • Des tétras pour les régurgitations. 
  • Des couches premiers âges. 
  • Une turbulette adaptée. 
  • Des chaussettes. 
  • Un bonnet. 
  • Une couverture à mettre dans le cozy lors du départ. 
  • Une tétine si vous êtes en accord avec cela, il existe d’ailleurs des tétines imitant un téton. 
  • Nécessaire de toilettes. 

L’accouchement 

Près de quatre femmes sur cinq accouchent par voie basse. C’est à dire que le bébé va se créer un passage par le vagin et à savoir, certains petits coquins naissent en position siège, ce sont les fesses du bébé qui se présentent en premier dans ce cas. 

Parfois, la voie basse est possible, mais la phase de poussée se fatigue, le bébé fatigue aussi, ou son rythme cardiaque montre qu’il faut accélérer sa sortie. Dans ce cas, le médecin ou la sage-femme peut avoir recours à des instruments (les forceps, les spatules ou la ventouse). 

Loin d’être des outils de torture, ces instruments sont de véritables alliés de sécurité : ils durent généralement moins de quelques minutes et permettent d’éviter une césarienne en urgence. Si cela vous arrive, sachez que l’équipe médicale vous expliquera toujours le geste. Une fois le bébé né, l’ostéopathie ou la kinésithérapie pédiatrique pourront l’aider à relâcher les petites tensions dues à l’instrument, pour un retour au calme tout en douceur. 

En France, le taux d’accouchement par césarienne est très stable depuis plus de dix ans et se situe autour de 20 % à 21 %. Parmi ces césariennes, environ la moitié sont « programmées » à l’avance (pour des raisons médicales ou liées à la position du bébé) et l’autre moitié sont réalisées « en urgence » pendant le travail. 

Dans tous les cas, peu importe la manière dont cela se passe, la mère est seule détentrice de son accouchement. Il n’y en a pas un qui se ressemble même pour une seule personne et donner la vie peut se faire de multiples façons, cela n’enlève en rien le fait d’être mère.  

Il est possible aujourd’hui d’accoucher dans l’eau. Certaines maternités ou cliniques le proposent. L’encadrement y est le même mais une baignoire est à disposition avec une ambiance feutré, apaisante. Ce contexte est de plus en plus privilégié et montre un besoin de davantage de douceur et de moins de médical. 

 Accoucher sans péridurale fait partie du même désir. L’avantage est une meilleure sensation de son corps et un contrôle plus juste au moment des poussées. Le désavantage est une douleur ressentie plus intensément lors des contractions bien sûr. La douleur est gérée par d’autres méthodes (eau chaude, respiration, hypnose, massages). 

Comment gérer la douleur ? 

Accoucher sans péridurale ne veut pas dire « souffrir en silence ». Le corps humain est bien fait : face à la douleur des contractions, le cerveau sécrète un cocktail d’endorphines (les hormones du bien-être et du soulagement) et d’ocytocine. Pour aider ce processus naturel, on utilise les bains ou les douches chaudes qui ont un effet relaxant et antidouleur puissant sur les muscles de l’utérus. Changer de position permet de modifier la perception de la douleur et d’alléger la pression sur le bassin. Enfin la présence rassurante du partenaire ou d’une doula/sage-femme dédiée (appelée l’accompagnement global) réduit le stress, qui est le principal amplificateur de la douleur. 

Globalement, ce qui est prisé depuis plusieurs années sont les accouchements dit physiologique. L’accouchement physiologique (souvent appelé « accouchement naturel ») désigne un accouchement qui respecte le processus naturel et le rythme biologique de la naissance, en limitant au strict minimum les interventions médicales. 

L’idée centrale est de faire confiance aux capacités du corps de la femme et de le laisser guider le travail, tant que la santé de la mère et du bébé le permet. Tout ceci peut être inscrit dans le projet de naissance. 

Pour qu’un accouchement soit qualifié de physiologique, plusieurs conditions sont généralement réunies. Contrairement à l’accouchement classique où la femme est souvent allongée sur le dos (position gynécologique), la future maman peut marcher, utiliser un ballon, se suspendre ou changer de position. Elle choisit la posture où elle se sent le mieux pour gérer les contractions et aider le bébé à descendre (accroupie, à quatre pattes, sur le côté). Il n’y aura pas de déclenchement artificiel (sauf nécessité), pas de rupture artificielle de la poche des eaux, et pas d’injection systématique d’ocytocine de synthèse pour accélérer le travail. D’autre part, on laisse le temps au temps. Le travail avance à son propre rythme, sans montre en main, tant que le rythme cardiaque du bébé est excellent. 

Où peut-on accoucher de manière physiologique ? 

Aujourd’hui, le système de soin offre plusieurs options pour les projets de naissance naturels. Les salles physiologiques en maternité sont un exemple. De plus en plus d’hôpitaux et de cliniques s’en équipent. Ce sont des salles chaleureuses, équipées de baignoires d’accouchement, de lianes de suspension, de ballons et de lits spacieux, tout en restant à proximité immédiate du bloc médical en cas de besoin. Les maisons de naissance sont des structures autonomes, gérées directement par des sages-femmes, souvent attenantes à un hôpital. Elles sont réservées aux grossesses sans aucune complication. Sinon, il y a toujours l’option d’un accouchement à domicile accompagné par une sage-femme libérale équipée du matériel de surveillance nécessaire. 

Une nuance importante Si au cours du travail, la fatigue est trop grande, si la douleur devient ingérable ou si une anomalie apparaît sur le cœur du bébé, le relais médical est pris (pose d’une péridurale, aide aux instruments, ou césarienne). L’essentiel reste la sécurité et le vécu positif des parents. 

L’après accouchement 

On parle beaucoup du bébé après la naissance, mais il est essentiel de ne pas s’oublier en tant que femme. Parmi les rendez-vous incontournables du post-partum figure la rééducation périnéale. Le périnée est le hamac musculaire qui soutient tous vos organes et votre bébé pendant 9 mois. Que vous ayez accouché par voie basse ou par césarienne, ce muscle a été grandement sollicité et mérite que l’on prenne soin de lui pour éviter les désagréments futurs (fuites urinaires, pesanteurs). 

En France, 10 séances sont entièrement prises en charge par l’Assurance Maladie. Elles débutent généralement 6 à 8 semaines après l’accouchement, le temps de laisser les tissus cicatriser. Réalisées chez une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, ces séances se font à votre rythme, via des exercices de visualisation, des techniques manuelles ou parfois de l’électrostimulation. C’est une étape formidable pour se réapproprier son corps en douceur. Un conseil : attendez d’avoir terminé cette rééducation avant de reprendre le sport (comme la course à pied) ! 

Maintenant, il est essentiel pour moi de faire un point sur la dépression post-partum qui touche une femme sur cinq. Les études de santé publique estiment qu’entre 15 % et 20 % des mères développent une dépression post-partum dans l’année qui suit la naissance de leur enfant. 

C’est une véritable maladie, elle s’installe de manière plus durable (souvent au-delà de 2 à 4 semaines après l’accouchement). Elle se caractérise par une tristesse profonde, un sentiment d’incapacité à s’occuper du bébé, une perte d’élan vital ou une très forte anxiété. 

Le corps médical utilise de plus en plus le terme de dépression périnatale. Ce mot souligne que cette dépression ne commence pas toujours après l’accouchement (post-partum), mais s’installe parfois pendant la grossesse. 

 Le « Baby blues » (aussi appelé syndrome du troisième jour) ne doit pas être confondue avec la dépression post-partum, il touche quatre femmes sur cinq. C’est un état transitoire très fréquent. Il survient généralement entre le 3ème et le 5ème jour après l’accouchement. Il est lié à la chute brutale des hormones de grossesse et à l’immense fatigue. La maman a envie de pleurer sans raison, se sent vulnérable ou irritable. Cela dure de quelques heures à quelques jours au maximum, et disparaît tout seul. 

Il existe également une forme psychiatrique beaucoup plus rare et sévère appelée la psychose puerpérale, mais elle ne touche qu’environ 1 à 2 femmes sur 1 000. 

Des aides sont accessibles aujourd’hui pour les mamans, certains hôpitaux ont des services ancrés dans des réseaux de périnatalité, ce qui permet aux mamans d’être accompagnés psychologiquement ou psychiatriquement pendant et après la grossesse.  

Pour les mamans les plus fragiles des hôpitaux proposent sous orientation médicale des Unités Mères-Bébés afin de les aider dans leurs difficultés sur un plus long terme. Elles sont alors hospitalisées avec leur enfant pour une durée pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois si besoin. Il est bon de préciser que ces unités sont conçues comme des cocons protecteurs pour soigner la maman tout en évitant la séparation avec son bébé. L’objectif est de soigner la dépression ou l’anxiété sévère tout en soutenant la mise en place du lien d’attachement. Elles sont accompagnées par une équipe soignante et certaines unités proposent aussi aux papas de pouvoir être hospitalisés en même temps que leur compagne pour un temps prédéfini en amont.  

Si vous êtes touchées, sachez que vous n’êtes pas seules, des dispositifs sont désormais en place pour permettre le meilleur accompagnement possible de la mère et de son enfant. Ils sont présents pour que le lien parent-enfant ne se détériore pas ou alors pour que ce dernier s’installe dans la durée. 

Vous êtes à présent paré, profitez bien de votre ou vos petit(s) ! 

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